En juin dernier, à l’occasion de la présentation du plan « Ambition maritime », la Région a annoncé sa volonté de demander un moratoire sur la définition des macro-zones propices pour accueillir les parcs éoliens en mer. Une décision incroyable, quand on sait le poids que représente cette filière dans notre région et le retard accumulé par la France en la matière. Lundi dernier, à l’occasion de l’assemblée régionale mer et littoral, Christelle Morançais a annoncé la levée du moratoire « en concertation avec la Région Bretagne ». Tout ça pour ça… des semaines de confusion, de communication négative, d’incompréhension de la filière locale et nationale. La Région a préféré les postures politiciennes à l’action en faisant perdre aux Pays de la Loire un temps précieux. Comment peut-on encore mettre en danger les emplois pour faire de la communication stérile ?

Un moratoire absurde décidé sans aucune concertation avec les acteurs de la filière
Mais qu’est ce qui justifiait cette décision, prise par la Présidente de la Région, de vouloir organiser ce moratoire alors même que la France est en retard sur l’éolien en mer ? C’est la question que nous nous posions et pour laquelle nous n’avons pas encore trouvé de réponse rationnelle. La Région aurait pourtant dû s’atteler, en lien avec l’État, à définir ces macro-zones propices, susceptibles d’accueillir de nouveaux parcs éolien en mer, en plus de celles déjà définies au large de Saint Nazaire et des deux îles vendéennes. Au lieu de quoi, elle a mis le pied sur le frein au risque de fragiliser et déstabiliser la filière des Energies Marines Renouvelables en Pays de la Loire, pourtant leader en France dans ce domaine.

Le groupe socialiste dépose un amendement, en juin, pour supprimer le moratoire du plan « Ambition maritime »
En juin dernier, prenant conscience du risque encouru par l’instauration de ce moratoire, nous avons présenté un amendement afin de le supprimer du plan « Ambition maritime ». Notre amendement visait notamment à poursuivre le développement des EMR « dans la recherche du consensus entre tous les acteurs de l’économie bleue et des usagers de la mer ». Nous demandions aussi à ce qu’un programme de recherche soit mené, en lien avec la Région Bretagne, les COREPEM et les industriels, pour « réduire l’impact des parcs éoliens flottants en mer, notamment de leurs système d’ancrage, sur les activités de pêche ». Cela suffisait, à notre sens, pour prendre en compte les intérêts de la pêche régionale, tout en poursuivant l’indispensable développement de la filière. Cet amendement valait aussi alerte sur l’erreur qu’était en train de commettre la majorité régionale. Comme c’est souvent le cas dans cet hémicycle, la majorité a rejeté cet amendement, rendant effective la demande de moratoire.

La Région fait marche arrière… faisant perdre de précieuses semaines !
Mais à l’occasion de cette assemblée régionale mer et littoral, Sébastien Pilard, Conseiller régional de la majorité, est intervenu pour rappeler que nous avons un challenge technologique à relever pour la filière EMR et en tant que filière d’avenir, il est impératif de la faire décoller. Suite à son intervention, en décalage total avec la notion de moratoire décidé par la majorité, je l’ai interrogé pour lui demander ce qu’il en était, dudit moratoire, puisque le gouvernement a, depuis lors, validé les premiers parcs attribués (le manque de visibilité sur l’avenir de ces parcs était le seul argument avancé pour justifier d’une telle décision). C’est en me répondant qu’il en a annoncé la levée « en concertation avec la Région Bretagne ». Sans notre intervention, ce lundi, pour demander si la Région Pays de la Loire avait fait évoluer sa position vis-à-vis de cette décision, personne ne serait au courant de sa levée. Dans tous les cas : que de temps perdu !
Désormais, il faut avancer pour rattraper le retard et s’engager résolument dans la poursuite du développement de l’éolien en mer, posé et flottant, car ce sont des milliers d’emplois à la clé qui bénéficieront largement à la transition écologique que nous appelons de nos vœux.

Share This

Partagez l'article !