Le nouveau président du Medef des Pays de la Loire, Samuel Tual, publie ce jour dans la presse régionale une tribune mettant en avant le principe du « droit de travailler » face à l’annonce de mouvements sociaux potentiellement massifs le 5 décembre prochain. Il fait ainsi écho aux propos tenus par le sénateur Bruno Retailleau, qui demande l’instauration d’un service minimum garanti à la SNCF et la possibilité de réquisitionner des grévistes pour l’assurer. Nous tenons à exprimer notre ferme opposition face à ces déclarations qui sont autant de remises en question du droit de grève, un des piliers de notre modèle social.

Le dynamisme de l’économie ligérienne mis en avant par M. Tual s’appuie très largement sur le travail de celles et ceux qui, du bas de l’échelle jusqu’à son sommet, travaillent chaque jour pour garantir cette prospérité mais également leur droit à une retraite digne. Aussi, nous alertons face aux propos de cette droite qui évoque une « prise d’otages », stigmatisant les grévistes face aux usagers et appelant à un durcissement du droit de grève déjà strictement encadré par la loi.

Chacun peut souhaiter que le dialogue social et la négociation conduisent les salariés à limiter le recours au droit de grève. La meilleure prévention contre la grève, c’est la reconnaissance du travail et la défense du pacte social républicain. Si des réformes sont nécessaires, elles doivent se faire dans l’écoute et la recherche du compromis et placer en leur cœur un seul objectif : la justice sociale. Ces éléments sont totalement absents des prises de position de M. Tual et M. Retailleau. Elles sont aussi absentes de la pratique du gouvernement, tous les syndicats dénonçant une concertation défaillante et non transparente et s’inquiétant de la volonté de faire des économies sur le dos des retraités et des salariés. Si tous n’appellent pas aujourd’hui à manifester, c’est cette vision rétrograde des réformes et du dialogue social qui pousse les Français dans la rue.

Nous en appelons donc à un respect absolu du droit de grève et du droit de manifester qui sont des piliers républicains. Nous dénonçons cette volonté de stigmatiser des citoyens qui se battent pour leurs droits, et le font de cette manière car tous les autres recours ont été épuisés. Nous dénonçons un gouvernement dont les méthodes sèment le chaos dans le pays. A travers leurs déclarations, M. Tual et M. Retailleau ne font qu’ajouter aux tensions là où nous voulons de l’apaisement.

Pour notre part nous défendons non seulement le droit de grève, partie intégrante de notre modèle social, mais nous appelons à manifester le 5 décembre. Nous nous joindrons aux cortèges mobilisés pour protester contre le projet de ce gouvernement qui, opposant une logique comptable à la solidarité collective, menace dans leurs fondements les mécanismes de répartition durement acquis, creusant inlassablement les inégalités au détriment des plus précaires.

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