Remplacement du navire Insula Oya II : une motorisation propre au gaz naturel liquéfié est possible. Les arguments opposés par la majorité régionale pour retenir une motorisation diesel ne tiennent pas la route. Les élus du groupe SERR persistent et signent dans leur opposition à la solution retenue !

A l’occasion de la session budgétaire du Conseil régional des 20 et 21 juin, les conseillers régionaux du groupe socialiste, écologiste, radical et républicain se sont vivement opposés au choix d’une motorisation au diesel pour le remplacement du navire Insula Oya II qui assure la liaison entre l’île d’Yeu et le continent.

Nous considérons que le choix d’une motorisation au gaz naturel liquéfié est préférable car bien moins polluante. La technologie est aujourd’hui mûre et peut être déployée. Malgré les arguments apportés par la majorité régionale, celle-ci n’a pas réussi à convaincre de la validité de son choix :

1) La majorité nous fait un procès en incompétence. Pourtant, des ferries transportant des passagers et du fret sont déjà en circulation en mer du Nord ou encore en mer Baltique. De nombreux projets de navires au GNL sont aujourd’hui lancés. Si ces navires sont effectivement plus grands (à partir de 100 mètres de long) que l’actuel Insula Oya II (50 mètres), ils assurent des liaisons sur de plus grandes distances qu’entre le continent et l’île d’Yeu. Cette situation ne peut constituer un frein à l’innovation. Le type de liaison – courtes – que le futur Insula Oya III sera amené à assurer permet de minimiser la taille des réservoirs; il est donc possible de concevoir pour ce navire un design adapté aux équipements GNL qui respecte les normes de sécurité et cela sans en augmenter significativement la taille.

2) La majorité nous accuse de vouloir utiliser une énergie fossile, donc polluante. La motorisation diesel de nouvelle génération retenue par la majorité – dite « cold ironing » – sera toujours plus polluante qu’une solution au GNL. Rappelons que les émissions de polluants atmosphériques du GNL par rapport au gazole sont de moins 20% pour le CO2, moins 80% pour les oxydes d’azote (NOx) et moins 99% pour les particules fines. Le GNL est une solution de transition pour encore de nombreuses années ; la seule à pouvoir assurer la puissance nécessaire pour ce type de navires.

3) Le surcoût de 20% des navires au GNL sera vite absorbé par les économies qui seront ensuite réalisées sur le carburant dans un contexte de forte progression des coûts des combustibles des ferries. Au regard des coûts d’exploitation d’un navire qui devrait avoir une durée de vie d’une trentaine d’années, le système GNL est donc plus économique que le diesel. Surtout, ce surcoût initial n’est rien par rapport au coût écologique des navires propulsés au diesel. Seul le GNL permettra de respecter les objectifs de réduction des émissions du secteur maritime portés par l’Organisation maritime internationale (OMI) à l’horizon de janvier 2020.

Tous ces aspects auraient mérité d’être mis en discussion. Nous dénonçons le fait que cela n’ait pas été le cas et que la majorité s’enferre dans une décision sans ambition qui a été pensée d’abord pour réduire les dépenses au lieu de donner la priorité au climat et d’affirmer le rôle de précurseur et d’innovateur qui doit être celui de la Région des Pays de la Loire.

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