Nous apprenions ce matin, par voie de presse, le rapprochement désormais officiel entre Sébastien Pilard, élu Les Républicains au Conseil régional des Pays de la Loire, et le Rassemblement national. « Je préfère discuter avec Marion Maréchal qu’avec Emmanuel Macron », déclarait-il suite à un dîner entre l’ex-députée d’extrême droite et plusieurs élus LR, mardi soir à Paris.

Par un communiqué de presse publié en début d’après-midi, la Présidente du Conseil régional affirme qu’« aucune stratégie électorale avec le RN » ne sera mise en place sous sa majorité et qu’elle ne  « [tolérera] aucun écart ». Dont acte. Et après ?

Christelle Morançais réagit tièdement et se garde bien de citer nommément Sébastien Pilard. Pourtant les faits sont là : au sein de la majorité régionale, l’unité de façade se fissure dangereusement et la ligne de l’exécutif ne tient plus qu’à de vagues déclarations d’intentions.

Nous connaissions l’héritage idéologique de Sébastien Pilard, issu de la droite réactionnaire et traditionnaliste, celle de Sens commun et de Laurent Wauquiez, mais celui-ci vient de franchir un cap symbolique en affichant clairement ses affinités avec le Rassemblement national. Il s’agit là d’une rupture républicaine nette, et la réaction de la Présidente n’est pas à la hauteur de ce basculement.

Au Mans, où elle est à la tête des conseillers municipaux LR, elle fait face à un ralliement similaire, un de ses élus figurant sur une liste en vue des municipales auprès de membres du RN. Là, elle a su se prononcer fermement et évoquer la possibilité d’une exclusion. Le Conseil régional serait-il soumis à une plus grande souplesse quant aux principes républicains ?

Plus encore, comment Christelle Morançais compte-t-elle faire fonctionner cette majorité composite, entre soutiens à La République en Marche et compromissions avec l’extrême droite ?

 

Christophe CLERGEAU
Président du groupe

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