La Cour des comptes publie ce matin un rapport dans lequel elle brosse un tableau très noir de la gestion du transport express régional (TER). Nous dénonçons une analyse purement comptable, hostile au transport ferroviaire et par ailleurs doctrinale quant à l’ouverture à la concurrence du secteur.

Comme à son habitude, la Cour des comptes adopte une analyse exclusivement comptable de la situation, remettant en cause le bien-fondé des choix réalisés par des collectivités – les Régions – démocratiquement élues. La juridiction financière sort ici une nouvelle fois de son rôle qui est de contrôler la régularité des comptes publics et non de se prononcer sur leur emploi.

Si les Régions ont fait le choix d’investir dans le matériel et les infrastructures, ces décisions ne peuvent être contestées par une instance administrative. Il en va de même quant aux petites lignes peu rentables que la Cour des comptes recommande de fermer. Le maintien d’un service public ferroviaire dans des territoires ruraux enclavés ou isolés relève du choix démocratique légitimement exercé par des élus locaux conformément à l’intérêt général. La même logique prévaut quant au subventionnement public du coût du service pour les usagers.

En outre, il ressort de ce rapport une hostilité latente vis-à-vis du transport ferroviaire en général et de la SNCF en particulier, dont l’organisation du travail est jugée peu efficace. Il nous paraît inconcevable d’y lire que le niveau de service à bord ou en gare serait trop important au moment même où l’accident survenu en région Grand-Est la semaine dernière a justement révélé les lourdes carences en ce domaine, et où les fermetures de guichets en Pays de la Loire suscitent une large opposition. De façon assez malhonnête, la Cour des comptes dénonce également le mauvais bilan environnemental des quelques rames TER propulsées au diesel alors même que le train reste le mode de transport de loin le moins polluant.

Enfin, la Cour des comptes démontre un véritable biais doctrinal en plaidant pour une ouverture large et rapide à la concurrence. Or, la question est d’abord celle du service rendu aux usagers et rien ne prouve à ce stade que l’ouverture à la concurrence ne vienne l’améliorer. Il y faut des garanties et des garde-fous au sujet desquels la Cour des comptes est, pour une fois, étonnamment muette.

Olivier BIENCOURT
Conseiller régional

 

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