Après le « plan industrie du futur » il y a un an, c’est le plan « ambition maritime » qui est sévèrement jugé par le CESER : « Le CESER partage l’ensemble des axes listés dans cette stratégie. La plupart vont dans le sens des préconisations contenues dans les études du CESER. Toutefois, il constate que le niveau d’ambition des actions et les moyens affectés sont abordés de façon inégale. Certaines actions sont déjà engagées et budgétées […] D’autres sont nouvelles et imprécises […] Si le CESER reconnait le caractère pédagogique et transversal du document, il aurait été utile d’y annexer les fiches techniques et financières, en particulier pour les nouvelles actions. Sans ce niveau de détails, cette stratégie pourrait s’apparenter à une succession d’intentions. Il est attendu une déclinaison opérationnelle. »

« Le CESER affirme poliment que ce rapport est une liste à la Prévert de choses déjà existantes, mais qui ne propose aucune vision nouvelle et surtout pas une ambition ! La Région reste sur ses acquis qui ne datent pas d’hier, mais ne propose rien de plus, si ce n’est le plan sur le nautisme. J’en veux pour preuve l’absence de budget proposé avec ce « plan ». La Région aurait pu aller beaucoup plus loin, en évoquant par exemple la qualité des eaux de la mer et l’élimination des déchets, notamment les plastiques dont les effets sont désastreux pour l’environnement. La Région aurait pu aussi avoir une réflexion sur l’avenir de la pêche et sur la modernisation des criées.» explique Jean-Claude Charrier, Conseiller régional.

Le véritable fait marquant de ce plan ambition maritime est surtout la décision de la Région de demander un moratoire sur la définition des zones qui pourraient accueillir des parcs éoliens posés ou flottants :

« Nous ne comprenons pas les raisons qui poussent la Région Pays de la Loire  à décider, seule et  sans concertation avec la filière, de demander un moratoire. C’est la seule en France à tourner ainsi le dos aux énergies marines. Cette décision est absurde et va à l’encontre des acteurs qui œuvrent pour cette filière d’avenir. » estime Jean-Claude Charrier, « Alors que les Pays de la Loire sont particulièrement concernés avec les deux parcs éoliens posés au large de Saint-Nazaire et des Îles vendéennes et qu’il est urgent de déterminer les zones propices pour construire des parcs éoliens flottants, la Région freine des quatre fers et demande un moratoire qui risque de mettre à mal toute une filière d’avenir. En demandant un moratoire sur la définition des zones propice, la région demande de facto de stopper l’exercice en cours de planification spatiale pourtant réclamé par tous.

En stoppant ainsi le développement des énergies marines renouvelables, elle fragilise des centaines d’emplois, elle renonce à ses objectifs de production d’énergies renouvelables, elle renonce également à son leadership et à des centaines d’emplois en Pays de la Loire. Comme si la menace que laisse planer l’Etat sur les parcs de Saint-Nazaire et Yeu – Noirmoutier ne suffisait pas, la décision régionale est un coup de tonnerre qui vient déstabiliser la filière des EMR pourtant leader en France.

Share This

Partagez l'article !