Le gouvernement a décidé, hier, l’ouverture à la concurrence des lignes SNCF Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon à l’horizon 2022 ; conséquence directe de la réforme ferroviaire adoptée au printemps dernier. A l’issue du lancement d’un appel d’offres qui interviendra dans un an, l’Etat désignera un opérateur pour exploiter chacune de ces lignes. Nous nous opposons à cette décision prise sans débat, sans évaluation et qui n’offre aucune garantie sur la plus-value que cela apporterait.

Les lignes concernées opèrent des trains d’équilibre du territoire (TET) qui sont d’abord des outils d’aménagement du territoire. « C’est parce qu’elles sont déficitaires que l’Etat, autorité organisatrice des TET, désire aujourd’hui les mettre en concession auprès d’un opérateur privé… après en avoir cédé hier certaines aux Régions. Pour autant, l’ouverture à la concurrence ne fera pas progresser, comme par magie, la fréquentation ! Celle-ci ne pourra effectivement repartir à la hausse que si des investissements sont réalisés et si une offre adaptée est proposée » affirme Olivier Biencourt, membre de la commission des transports.

Dans ces conditions, « c’est bien le coût d’exploitation qui risque plutôt d’être la variable d’ajustement retenue par les opérateurs privés » estime Olivier Biencourt qui poursuit : « cette situation présente des risques, notamment celui de voir les tarifs fortement augmenter ou les salaires des employés baisser, comme cela a été constaté en Allemagne. Une dégradation de l’offre n’est pas non plus à exclure. C’est donc la qualité du service rendu au public qui pourrait en pâtir ».

« Cette décision d’ouverture à la concurrence est d’autant plus surprenante que le matériel roulant vient juste d’être renouvelé. On ne laisse ainsi pas le temps à la SNCF d’en mesurer les conséquences positives en matière d’exploitation », ajoute Olivier Biencourt.

Pour Christophe Clergeau, « l’Etat se débarrasse des lignes qu’il ne veut plus soutenir ce qui n’est pas acceptable. La présidente de la Région doit manifester son opposition en direction du gouvernement. Il n’est en effet pas possible d’engager une réforme d’une telle ampleur à l’aveugle, c’est-à-dire sans concertation et sans estimer ses conséquences. Les usagers du train en Pays de la Loire doivent obtenir des garanties ».

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