Depuis plusieurs mois, la dénomination du lycée de Carquefou fait l’objet de désaccords entre les parents d’élèves, les professeurs et la Région. En effet, la Région a proposé de le nommer « Lycée Honoré d’Estienne d’Orves ». Les enseignants, les parents d’élèves, les lycéens et les personnels élus au Conseil d’administration, ont refusé cette dénomination et ont organisé un concours  d’idées pour proposer une alternative correspondant aux souhaits de la communauté éducative. Trois propositions ont émergé : Hubert Reeves, Alan Turing ou Michel Serres. Malgré cette position de la communauté éducative du lycée, la Présidente de la Région Christelle Morançais a décidé de maintenir sa proposition. Pourquoi ? Telle est la question désormais posée. Imposer le nom d’un lycée contre ceux qui le font vivre au quotidien est une mauvaise décision. Si la Région impose un nom, elle doit le faire pour des raisons justifiées, fortes et claires.

« La Région a  certes le pouvoir juridique de choisir  la dénomination des lycées. Elle propose un nom aux conseils d’administration qui donne un avis, et en dernier ressort, c’est elle qui tranche. Mais pourquoi ne pas faire confiance à la communauté éducative ? De plus, le refus des propositions des élèves vient d’être réitéré, mais n’est pas justifié. Pourquoi Christelle Morançais veut-elle imposer le nom d’Honoré d’Estienne d’Orves ? » s’interroge Maï Haeffelin, Conseillère régionale membre de la commission éducation.

Pour Eric Thouzeau, suppléant au Conseil d’administration du lycée, « Nous ne comprenons pas cette volonté d’imposer un nom. Est-ce parce que le grand résistant Honoré d’Estienne d’Orves était issu de la droite monarchiste ? Au moment où l’urgence écologique est largement d’actualité, nommer le lycée du nom d’Hubert Reeves ou de Michel Serres serait plus opportun et serait un signal intéressant donné à l’enjeu environnemental. Celui d’Alan Turing mathématicien résistant et inventeur du processeur, pièce maîtresse de nos ordinateurs, aurait aussi l’avantage de montrer un lycée tourné vers l’avenir.  Sans parler qu’en acceptant de retenir un des trois noms proposés par la communauté éducative, la Région respecterait leur travail, ce qui serait un signe de la confiance accordée à la jeunesse. »

« Nous appelons solennellement la Présidente de la région à revoir sa position et accepter une des propositions des lycées. Si tel n’est pas le cas elle devra s’expliquer sur ses motivations et sortir de l’ambiguïté actuelle » indique Christophe Clergeau, Président du groupe SERR au Conseil régional des Pays de la Loire.

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