Nous constatons à chaque étape que ce dispositif annoncé dans la précipitation est dangereusement improvisé et inabouti. La session du 31 mars en est une nouvelle illustration, alors que les lycéen.ne.s dans le besoin continuent de se battre face à la précarité numérique.

Lors de la session du 31 mars, le Conseil régional réuni en session plénière aura à voter une nouvelle rallonge budgétaire, d’un montant de 100 000 €, pour assurer le coût logistique de la distribution des ordinateurs qui seront fournis aux élèves de 2nde et de 1ère année de CAP à la rentrée de septembre. « Six mois après l’annonce de la mesure, la majorité réalise qu’il faut prévoir une prestation spécifique et un budget pour la distribution de ces équipements. C’est une preuve supplémentaire de l’improvisation et de l’impréparation dans lesquelles travaille cette majorité, au détriment des jeunes mais aussi de l’efficacité de la dépense publique ! », déplore Maï Haeffelin.

« La Région refuse toujours d’admettre que la distribution des ordinateurs est un non-sens si elle n’est pas accompagnée d’un accès à internet, d’une aide à la prise en main des outils et d’un dispositif permanent de maintenance et de soutien aux utilisateurs. De même il n’y a aucune cohérence entre l’initiative régionale et la politique du rectorat et rien n’est prévu concernant les ressources pédagogiques ou la formation des enseignant.e.s. Ce projet risque donc d’être aussi un échec pédagogique » souligne Thierry Violland.

Enfin, Violaine Lucas rappelle que « cette mesure ne concerne toujours que les 2nde et 1ère année de CAP, et cela uniquement pour la rentrée 2021. Au moment où a lieu une nouvelle vague de l’épidémie et où de nombreux lycées fonctionnent à mi-effectif, il est incompréhensible que la Région ne fasse rien de plus pour répondre aux besoins urgents des jeunes non équipé.e.s ou sans accès à internet et laisse de côté deux tiers des lycées également touchés par la fracture numérique ».

Pour Christophe Clergeau, « lutter contre la précarité numérique des jeunes est essentiel. Mais la mesure de la majorité régionale n’est ni préparée, ni mise au service d’un projet éducatif de réussite des jeunes. 24 millions seront-ils dilapidés uniquement pour des raisons d’urgence électorale ? La question est posée. Un tel investissement mérite plus de sérieux et de cohérence politique. Sans une prise de conscience rapide et radicale de la majorité face à l’enjeu, nous devrons, hélas, constater son échec ».

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