Transition écologique : une politique régionale vert pâle !

” Cette session était placée sous le signe de la transition écologique. Deux rapports étaient soumis à l’assemblée régionale : la stratégie régionale pour la biodiversité d’une part, le plan de prévention et de gestion des déchets et le plan économie circulaire d’autre part. L’exercice s’avère indispensable au regard de l’urgence environnementale à laquelle nous sommes de plus en plus violemment confrontés. Mais la manière dont la Région a mené cet exercice interroge sur le degré de prise de conscience de la majorité.
Sur la méthode, d’abord. En programmant ces débats le jeudi 18 octobre, entre 21h et minuit, la Région n’a indéniablement pas donné à ces questions la priorité et la visibilité qu’elles méritaient.
Malgré leur taille imposante, ces rapports sont trop légers sur les propositions et l’accompagnement des acteurs locaux. Quant à l’élaboration de ces plans, si les acteurs du secteur semblent avoir été correctement consultés, nous considérons qu’il n’y a pas eu de véritable concertation. Les élus minoritaires n’ont ainsi à aucun moment été associés ni même informés. C’est regrettable car nous avions des propositions que nous aurions pu soumettre.
Sur le fond, ensuite. La stratégie régionale biodiversité et les deux plans déchets et économie circulaire répondent à une obligation légale, ne procèdent pas de la volonté de la Région, et ne fixent que trop peu d’objectifs. Ainsi, sur la base du constat que la production des déchets est essentiellement le fait du monde économique (80%), il faut fixer des objectifs adaptés, notamment en direction du secteur du bâtiment. L’impact de certaines pratiques agricoles sur la biodiversité est patent. Alors que 50% des paysans de la Région partiront à la retraite dans les 10 ans, c’est là une occasion de favoriser l’installation de jeunes paysans, formés à de nouvelles pratiques, conscients que la biodiversité est un atout et non une contrainte.
Il faut en fait imprégner chacune des politiques publiques régionales d’un engagement durable et il faut surtout mettre les moyens budgétaires en face. Or, nous n’en sommes pas encore là. C’est pourquoi nous considérons que le rendez-vous est en partie raté. “

Dominique Amiard et Eric Thouzeau,
Membres de la commission Territoires, ruralité, santé,
environnement, transition énergétique, croissance verte et logement

 

 

 

Trois questions à Frédéric Beatse, membre de la commission des finances

Que retenez-vous de cette session ?
La majorité a donné ses orientations budgétaires pour l’année 2019. Or, celles-ci ne donnent pas beaucoup de perspectives. On sait que les dépenses seront contenues à une augmentation de 1%, que la capacité de désendettement s’élèvera à 6,5 années à la fin du mandat  (1,1 année de plus qu’en 2015) et que la promesse des 100 M€ d’économies ne sera pas tenue. Les orientations budgétaires doivent donner une information complète aux élus régionaux. Malheureusement, ce n’est
pas le cas. Cette année encore, nous constatons l’absence de plan pluriannuel d’investissements détaillé.
La Région avance dans le brouillard et sans cap.

Comment expliquez-vous cette situation ?
La majorité régionale est dans la seule gestion comptable. Quand on n’a pas de projets, il est évident qu’on ne dépense pas. L’absence de vision transpire. Alors que cette session était pourtant placée sous le signe de la transition écologique, la Région n’a donné aucun signal budgétaire fort pour engager notre territoire vers un nouveau modèle de développement permettant d’amortir les effets du changement climatique. La bonne santé financière de la Région permettrait pourtant d’accélérer et de créer les conditions d’une dynamique durable dans ce domaine.

Quel bilan faites-vous de la politique régionale à mi-mandat ?
La Région renonce à préparer l’avenir. Elle renonce à faire de la transition écologique une priorité. Le marchand de sable est passé et déverse du sable dans les yeux des Ligériens pour les endormir. Bonne nuit les petits ! En juin, nous expliquions que c’était la dernière année utile du mandat. À ce rythme-là, 2018 sera une année inutile pour les Pays de la Loire !

… à Laurent Dejoie et « les cancres »
Une nouvelle fois, Laurent Dejoie a répondu avec beaucoup d’approximation à nos critiques sur le compte administratif 2017 et le budget 2018. Outre le traditionnel « vous êtes fâchés avec les chiffres » (sans éléments pour le démontrer), il s’est permis lors de cette session une comparaison pour le moins malvenue : « vous m’avez fait penser à ces cancres qui diraient du mal du premier de la classe ». Pour le débat de fond, on repassera !

… à Christelle Morançais
La majorité régionale a proposé un vœu sur l’apprentissage, pour demander au gouvernement de revoir son projet de loi. Alors que la réforme de l’apprentissage inquiète tous les élus (sauf ceux de LREM et du RN), la Présidente n’a pas voulu écrire que les efforts sur l’apprentissage ont été faits en Pays de la Loire depuis longtemps. Elle a préféré considérer que cela faisait seulement 2 ans, depuis qu’elle s’en occupe en somme, qu’il y a eu du travail de fait.

… au « RN » et son grand remplacement
Pascal Nicot, Président du groupe Rassemblement National (anciennement Front National) est intervenu sur la démarche « Ma Région 2050 ». Il a regretté que le «grand remplacement» ne soit pas analysé dans le cadre de l’étude prospective de la Région. Pour rappel, il s’agit de la théorie conspirationniste d’extrême-droite selon laquelle les populations non-européennes vont bientôt devenir majoritaires en France… Bref, même s’il change de nom, le FN ne change pas.

« Et pourquoi pas 2050 ? »
Le Conseil régional a voté lors des crédits pour l’accompagnement de la démarche « Ma Région 2050 ».
Son objectif est de définir un projet de territoire à long terme et d’alimenter ainsi le futur schéma d’aménagement du territoire (SRADDET). Une vraie révolution pour la droite régionale qui s’offusquait, dans le précédent mandat, d’une démarche similaire. Eric Thouzeau leur a rafraichirt la mémoire : « Lorsque la majorité de gauche avait, sous le précédent mandat, décidé d’une étude prospective « Pays de la Loire 2040 », nous avions subi les sarcasmes de nombre d’élus de droite. Monsieur Louvrier déclarait le 18 octobre 2013 : « 2040 ! Les Ligériens veulent savoir ce que l’on fait pour eux aujourd’hui, pour demain, et pas pour la Saint-Glinglin ». Quant à Monsieur Pinte, le 8 novembre, il déclarait : « 2040. 2040, c’est dans 27 ans ! Au moins auriez-vous pu prendre en compte un horizon plus vraisemblable, plus parlant, plus acceptable. Pourquoi pas 2050, 2100 pendant que vous y êtes ! ».
Auriez-vous été convertis à la nécessité de penser le long terme pour prendre dès aujourd’hui des décisions ? Nous l’espérons ». Rires gênés à droite de l’hémicycle régional…

« La majorité esseulée, toute seule »
La majorité régionale a tendance à refuser systématiquement les propositions des autres groupes. Pour l’enjoindre à cesser de jouer cavalier seul et adopter notre vœu sur le plan vélo, Denis La Mache a eu recours à une citation de Richard Virenque : « Un coureur esseulé, tout seul, aura du mal à résister ». Suffisant pour les inciter à jouer un peu plus collectif ?

Sébastien Pilard……en toute modestie
Alors que le débat fait rage, au sujet du fameux moratoire, Sébastien Pilard tente de se justifier et explique que finalement, le moratoire est une bonne idée et que c’est sans doute grâce à cela qu’Emmanuel Macron a confirmé tous les parcs éoliens prévus en France. En toute simplicité, bien entendu.

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