Elections européennes : Nous, élu.e.s de gauche, appelons solennellement à l’union de la gauche, des écologistes et des mouvements citoyens

La fragmentation de la gauche fait courir le risque de voir les élections européennes se transformer en un face à face délétère entre la majorité présidentielle et l’extrême-droite. Le danger est grand de voir la représentation des sensibilités de la gauche au Parlement Européen réduite à peu de chose.

Or, aujourd’hui, plus que jamais, avec le mouvement des gilets jaunes et face à la crise de confiance des citoyens dans la construction européenne, nous avons besoin d’une nouvelle espérance. Nous avons besoin d’une gauche nouvelle qui tire les leçons du passé, qui ait conscience des enjeux et qui porte un projet collectif ambitieux de transformation sociale, écologique et démocratique, et cela à l’échelle locale comme nationale et européenne. L’enjeu européen est d’autant plus important pour nous que les Régions gèrent aujourd’hui l’essentiel des fonds structurels européens qui jouent un rôle déterminant dans le développement local.

Dans les collectivités territoriales, ici au groupe socialiste, écologiste, radical et républicain du Conseil régional des Pays de la Loire, comme ailleurs, nous travaillons ensemble au service de nos valeurs de gauche dans le respect de nos sensibilités respectives. Si un travail en commun est possible ici, il doit l’être également au niveau national et européen. Nous appelons nos collègues élus et les formations politiques de gauche à prendre conscience des enjeux, à s’engager dans un débat sincère, et à choisir le rassemblement plutôt que la division. Nous appelons également l’ensemble des citoyens à faire entendre leur voix dans les jours qui viennent et à participer aux initiatives visant à rassembler la gauche.

Les conseiller.e.s régionaux du groupe socialiste, écologiste, radical et républicain : Dominique AMIARD, Frédéric BEATSE, Olivier BIENCOURT, Jean-Claude CHARRIER, Christophe CLERGEAU, Delphine COAT-PROU, Marie-Hélène GIRODET, Maï HAEFFELIN, Stéphane IBARRA, Denis LA MACHE, Jean-Pierre LE SCORNET, Viviane LOPEZ, Violaine LUCAS, Carine MENAGE, Ina SY, Eric THOUZEAU, Thierry VIOLLAND

Les brèves de session

Augmentation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers

Le Gouvernement veut augmenter les frais d’inscription des étudiants « extra-communautaires » de 170€ à 2 770€ pour un étudiant en licence.
Les deux groupes d’opposition – le nôtre et le groupe Écologiste et Citoyen, par la voix de Christophe Clergeau et Lucie Etonno – ont proposé un vœu pour demander l’annulation de cette hausse qui aurait un impact négatif sur la mobilité étudiante. La majorité a rejeté ce vœu au motif que la Ministre a annoncé une concertation en janvier. Un mauvais prétexte, en somme, pour éviter de voter un vœu avec l’opposition.


Rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne

Le débat du rattachement de la Loire-Atlantique existe parce que 100 000 citoyens de Loire-Atlantique l’ont souhaité. Il faut reconnaître et respecter cette mobilisation. Néanmoins, nous estimons qu’un débat institutionnel sur les limites des régions n’est pas opportun aujourd’hui car nos territoires ont besoin de stabilité. Si un scrutin devait intervenir pour trancher cette question, il devrait concerner l’ensemble des habitants des deux régions Bretagne et Pays de la Loire et leur proposer plusieurs options. À nos yeux, Bretagne et Pays de la Loire sont unies dans une communauté de destin et un plan ambitieux de développement de nouvelles coopérations inter-régionales est indispensable. C’est en ces termes que nous avons formulé un vœu qui a été rejeté par la majorité.


Éolien en mer : l’État doit revoir sa feuille de route

Le 27 novembre dernier, le Président de la République a rendu public les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie. Pour l’éolien en mer, les objectifs fixés à 5GW en service en 2028 sont bien en-deçà de ce que l’on pouvait attendre puisque le double était espéré. Notre groupe a voté le vœu proposé par la majorité et qui demande à l’État de revoir sa feuille de route.
Jean-Claude Charrier est intervenu pour expliquer notre position, en effet, nous n’avons jamais manqué une occasion de défendre l’éolien en mer, notamment contre le moratoire que la majorité avait elle-même décidé en juin dernier…


Soutien aux salariés de Cordemais

Une fois n’est pas coutume, un vœu sur Cordemais a été proposé par la majorité pour soutenir le projet de conversion biomasse « Ecocombust » de la centrale de Cordemais. C’est le 4e vœu de ce type qui est proposé au vote des élus régionaux. Nous l’avons voté également pour réaffirmer notre soutien à ce projet porté par les salariés de la centrale. Violaine Lucas a d’ailleurs expliqué que nous avons été les premiers à déposer un amendement pour demander des moyens financiers. Elle a également regretté que ce vœu n’ait pas fait l’objet de concertation avec l’opposition alors même qu’une contribution du CESER considère que ce projet est « une belle opportunité de combiner l’impératif climatique avec les attentes sociales au lieu de les opposer ».


Agriculture : les Régions doivent rester pilotes et gestionnaires !

La programmation actuelle des fonds européens s’achève en 2020. C’est le moment de commencer à préparer la suivante. L’élaboration de la politique agricole commune se réalise dans un contexte difficile compte-tenu du Brexit. C’est dans ce contexte que Stéphane Ibarra et Christophe Dougé (du groupe Ecologiste et Citoyen) ont déposé un vœu pour réaffirmer l’ambition du Conseil régional pour la future PAC avec notamment un budget maintenu. Nous considérons que les Régions doivent rester les pilotes et les gestionnaires du second pilier de la PAC. Malheureusement, ce vœu consensuel a été rejeté par la majorité l’a rejeté au prétexte qu’elle ne souhaite pas opposer les agricultures. Encore une excuse pour ne pas voter le vœu proposé par l’opposition…

« Territoire + » : aider davantage les territoires qui vont moins bien

« Territoire + » : aider davantage les territoires qui vont moins bien

Nous avons proposé que 70 millions d’euros de notre budget alternatif viennent soutenir les territoires les plus fragiles, urbains et ruraux, qui courent un risque de décrochage. Cela passe, dans ces territoires identifiés, par la mobilisation de moyens pour la construction ou la réhabilitation de logements sociaux ou adaptés, la création de maisons de l’emploi et des projets, le soutien aux investissements des communes et des associations, la création d’un nouveau programme de formation, le lancement d’un plan d’accompagnement au développement économique, un soutien plus important aux commerçants et aux artisans, l’accompagnement des initiatives et projets entrepreneuriaux des jeunes et enfin le soutien aux projets des quartiers urbains populaires.
Nous avons enfin suggéré de changer de braquet en matière de rénovation énergétique des logements des particuliers. La Région n’accompagne que 1000 dossiers par an. Nous avons proposé de doubler le nombre de bénéficiaires. Il est impératif de faire plus alors qu’en Pays de la Loire, un ménage sur dix – soit 200 000 – consacre plus d’un mois de son revenu annuel à payer son chauffage.

La tarification sociale : une mesure équitable et juste

A l’occasion de cette session budgétaire, la majorité régionale a acté l’harmonisation de la tarification dans les transports scolaires en raison du transfert de cette compétence aux Régions en lieu et place des Départements.
Or, la majorité régionale a annoncé un prix moyen unique de 110€ par an et par enfant qu’elle présente comme «avantageux» pour une majorité de familles.
Cette nouvelle grille tarifaire n’en pénalise pas moins certaines d’entre elles qui paieront plus. C’est le cas en Mayenne et en Sarthe principalement.
Les inquiétudes légitimes qu’a soulevées cette décision est révélatrice d’une méthode défaillante, d’un déficit d’écoute et d’un dispositif inadapté aux situations des familles de la Région.
Nous avons pour notre part proposé la mise en place de la tarification sociale dans les transports scolaires. Celle-ci est fondée sur trois principes :
l’égalité pour permettre l’accès aux transports publics pour l’ensemble des familles ligériennes ;
la solidarité pour apporter un soutien aux foyers dont les ressources sont les plus modestes mais aussi aux classes moyennes ;
• l’équité pour offrir à tout usager un tarif qui corresponde à son niveau de ressources.

La tarification sociale permet de moduler le prix payé en fonction des ressources perçues par le foyer de l’usager. C’est pourquoi, par souci d’équité et de cohérence, nous avons aussi proposé l’extension du dispositif aux cantines des lycées qui dépendent des Régions. Cette proposition forte en faveur du pouvoir d’achat des familles a été écartée sans même avoir été étudiée par la majorité régionale.


Retrouvez la vidéo de Viviane Lopez
“Tarification sociale : une mesure pour faire + pour le pouvoir d’achat”

 

FOCUS sur la Mayenne
Transports scolaires : « Les Mayennais ne sont pas des jambons ! »
L’harmonisation de la tarification dans les transports scolaires a suscité en Mayenne une fronde généralisée des associations de parents d’élèves, des enseignants et des élus locaux (y compris de ceux proches de la majorité régionale). Elle est en effet synonyme de très fortes augmentations du coût du service pour les familles. En réponse, la majorité régionale a décidé, à la dernière minute, dans l’urgence, d’étaler la hausse. Cette décision ne trompe personne. Jean-Pierre Le Scornet, Conseiller régional de Mayenne « Les Mayennais ne sont pas des « jambons » : même lissée dans le temps, même adoucie, une hausse reste une hausse ! Cette décision incompréhensible dans le contexte actuel est particulièrement douloureuse car elle vient amputer de façon significative le pouvoir d’achat des familles. »
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