« La dette cachée n’existe pas : c’est la fin du spectacle ! »

Le budget présenté par la nouvelle majorité du Conseil régional semble clore enfin le lamentable chapitre de la soi-disant « dette cachée ». Pour Christophe Clergeau, Président du groupe, « il n’y a jamais eu de dette cachée, les chiffres le confirment aujourd’hui tout comme l’absence de ce terme calomnieux dans le rapport sur le budget présenté par la droite et dans l’audit de Ernst & Young. Le spectacle est fini, nous pouvons désormais parler des vrais sujets pour les habitants de notre région et des choix politiques de la nouvelle majorité ».

Un budget qui confirme la bonne gestion de l’équipe précédente

Au-delà du discours de façade, le budget présenté s’inscrit dans la continuité pour nombre de dispositifs et de projets lancés par la majorité précédente. La nouvelle majorité reconnait donc la qualité du travail engagé par l’équipe précédente. Il confirme par ailleurs que la situation financière était bien différente du tableau apocalyptique dressé par la droite. A ce titre, le rapport évoque notamment « la préservation d’un haut niveau d’autofinancement ». Malheureusement, ce budget fait également, sans vraiment le dire, des choix politiques clairs et qui présente un risque réel pour la région et ses acteurs.

Economie et emploi : l’abandon d’une ambition économique

« Le budget présenté par la nouvelle majorité est surtout bien éloigné des bonnes intentions de campagne et des premières déclarations de la majorité » continue Stella Dupont. Alors que le Président a annoncé qu’il mobiliserait tous les leviers du développement économique, tout le volet recherche, innovation et développement technologique subit des baisses considérables au risque de casser la dynamique mise en place en Pays de la Loire.
Dans le même ordre d’idées, alors que la ruralité est présentée comme une priorité du mandat, les chiffres viennent indiquer le contraire puisque le développement territorial subit une baisse de 38% par rapport aux crédits affectés en 2015. L’agriculture est un autre exemple éclairant : alors que la collectivité vient de voter un plan d’urgence, la nouvelle majorité n’ajoute pas un euro sur ce secteur…

La majorité ne dit pas ce qu’elle fait

« Lorsque l’on examine de près les chiffres du budget présenté, il semble évident que la nouvelle majorité ne dit pas ce qu’elle fait » explique Stella Dupont, conseillère régionale. Le budget comporte effectivement de nombreuses coupes cachées. C’est le cas, par exemple, du Fonds d’intervention Jeunesse (FIJ) ou du FRASICOD là-bas (soutien aux projets des associations de solidarité internationale de la région) qui sont purement et simplement supprimés. D’autres dispositifs subissent des coupes sans aucune explication comme les bourses aux étudiants (moins 500 bourses sur l’année) ou les aides en faveur de l’autonomie des jeunes (-10%). La majorité inflige un coup de massue sans précédent sur la tête des acteurs engagés sur ces sujets !

Par ailleurs, la nouvelle majorité ne dit pas comment elle compte parvenir aux économies annoncées. « Sur les ressources humaines, la droite annonce un gel du budget alors qu’elle va devoir faire face aux augmentations mécaniques de la masse salariale et qu’elle veut créer de nouveaux postes dans le cadre du plan d’urgence pour l’agriculture. Soit ce n’est pas sincère, soit elle doit dire clairement les mesures drastiques qu’elle compte prendre pour parvenir à un tel résultat » commente Stella Dupont.

 


Affectation des crédits : le grand écart entre les discours et la pratique

Contrairement, à ce que Bruno Retailleau a prétendu en séance, de nombreuses autres collectivités votent leurs autorisations de programme en deux temps tel que… le Conseil départemental de Vendée qui vient de voter, lors de son budget primitif (cf. document joint), des autorisations de programme pour les seules études du futur collège Talmont Saint-Hilaire, lui-même décidé en 2010 ! Pendant tout son mandat de Président du Conseil général de Vendée, Bruno Retailleau a donc fait, selon sa propre définition, de la « dette cachée » !

Dans le budget 2016 de la Région, Bruno Retailleau la pratique lui-même :

  • Sur les infrastructures ferroviaires, seuls 14 millions d’euros sont inscrits alors que la participation de la Région sur le seul projet de modernisation de la ligne Clisson – Cholet représente 36 millions d’euros ;
  • Sur les résidences universitaires, seuls 3 750 000 d’euros sont inscrits alors que l’engagement de la Région est de 17,3 millions d’euros ;
  • Sur les plateformes de recherche et d’innovation et le développement technologique, seuls 12 millions d’euros sont inscrits alors que plusieurs dizaines de millions d’euros devraient l’être pour financer les projets annoncés.

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