A l’occasion de la session budgétaire qui s’ouvre cette semaine, la majorité régionale propose de modifier les critères pour l’attribution de ses aides aux industries agro-alimentaires. Ce faisant, elle renonce à en conditionner le versement à une amélioration des pratiques environnementales des entreprises. Ce recul est inacceptable.

A l’occasion de la session budgétaire du Conseil régional, et pour répondre à la nécessité de prendre en compte la période de transition de deux années des fonds européens versés au titre du FEADER pour 2021 et 2022, la majorité régionale propose un nouveau règlement d’intervention pour ses aides à l’investissement en faveur de la transformation et de la commercialisation des produits agricoles par les industries agro-alimentaires. La grille de notation qu’elle intègre à ce nouveau règlement constitue une régression très nette : la Région renonce à toute conditionnalité sociale et environnementale des aides.

Ainsi, le maintien, et non plus la seule création d’emplois, est désormais un critère retenu et permet d’obtenir des points quand ce n’était pas possible auparavant. Par ailleurs, les contributions directes et mesurables des entreprises à la transition énergétique, comme les économies d’eau, d’énergie ou la moindre production de déchets, ne sont plus prises en considération. Une simple démarche comme la réalisation d’un bilan ou d’une évaluation environnementale, bien moins contraignante et surtout sans réel effet, suffit désormais à obtenir des points. Toutes les entreprises, et notamment les grands groupes industriels, y compris les moins exemplaires en matière de production de déchets, d’économie de la ressource en eau ou de rejets, pourront ainsi prétendre aux aides régionales. Ce recul est inacceptable et incompréhensible.

La conseillère régionale Marie-Hélène Girodet résume ainsi la situation : « Les aides aux industries agro-alimentaires doivent être concentrées sur les petites et moyennes entreprises de notre région. Le soutien aux groupes doit pour sa part rester exceptionnel et se limiter strictement aux projets exemplaires en termes de transition alimentaire, de valorisation des produits locaux et de transition écologique et énergétique ».

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